Festival Berlioz 2016

Avant-Propos

Évitez la forêt voisine,
Fuyez l’amour de Mélusine…*

Et si Berlioz, imaginant son héros de la Symphonie fantastique « au milieu d’une troupe affreuse d’ombres, de sorciers, de monstres », puisait l’inspiration dans les contes et les mythes de l’enfance ? « Orgie diabolique, glas funèbre, ronde du sabbat », quand « les cris répondent à des cris » Berlioz semble convoquer ces figures fantastiques dont les collecteurs de légendes ont montré la présence en Isère : croquemitaines, loups garous, ogres, diables, dames blanches et sorcières dont l’étonnante Mélusine aux attributs peu féériques : bas du corps de serpent, ailes de chauve-souris !

On sait que la famille Marmion (du côté maternel d’Hector) fréquentait la famille Béranger-Sassenage, arborant Mélusine au fronton du Château. On sait aussi que Berlioz a été nourri (du côté paternel) aux lectures de Virgile et de Shakespeare qui ne manquent pas de sortilèges et empoisonnements. On sait enfin qu’il allait pendant des heures sur les chemins, dans les bois, là où se cueillent d’étranges fleurs et se font les sabbats…

Brassant ces ingrédients dans la marmite où un critique a tenté de couler Harold en Italie« marmite bouillonnante de fèves ! » répondit en riant Berlioz qui devait s’y connaître en haricots magiques – nous avons concocté une recette associant monuments berlioziens (Benvenuto Cellini…), exquises raretés (Fleurs des landes, Zaïde, La Captive…), bons génies de l’orchestre et voix enchanteresses. Ainsi qu’une intégrale Chopin, de la poésie, de la danse, du cinéma, d’autres concerts encore à apprécier assis, debout, volant sur un balai ou couché dans les prés… Bref, un festival pour tous : les Roméo, les Juliette et les Apprentis Sorciers  !

Bruno Messina, directeur

* Vers de Saint-Georges cités par Berlioz après la première de l’opéra d’Halévy : La Magicienne.