samedi 30 août   21:00   Cour du Château Louis XI

Roméo et Juliette

London Symphony Orchestra

Sir John Eliot Gardiner, direction
Gautier Capuçon, violoncelle

H. Berlioz Roméo et Juliette
F. Mendelssohn Mer calme et heureux voyage, ouverture
R. Schumann Concerto pour violoncelle en La mineur

Hector Berlioz (1803-1869)
Roméo et Juliette

« Parle, mon orchestre ! » s’exclame Berlioz ! Et l’orchestre parle... car c’est aux instruments que Berlioz a voulu confier les personnages de Roméo et de Juliette dans cette symphonie dramatique de 1839. Après l’échec de son opéra Benvenuto Cellini, Berlioz s’éloigne de ce « Bazar qui prend le nom de théâtre » et s’inspire des possibilités révélées par Beethoven dans la neuvième symphonie pour mettre en musique le drame de Shakespeare. L’œuvre est l’un de ses plus grands succès parisiens ; assistent à la première des personnalités telles que Richard Wagner, Heinrich Heine, Eugène Sue…
Le choix de ne pas écrire un opéra permet à Berlioz de prendre de grandes libertés par rapport à la pièce : ainsi, le compositeur ne choisit que sept des scènes qui lui semblent contenir l’essentiel du drame. Après le doux chant du hautbois dépeignant la solitude de Roméo, les amants se retrouvent au moment de la Scène d’amour, duo instrumental où les thèmes de Roméo et de Juliette s’unissent pour n’en créer plus qu’un... Avant que le dénouement tragique ne les sépare définitivement.
C’est dès 1830 que Berlioz caresse l’idée d’écrire un scherzo sur le poème de La Fée Mab : tremolo dans l’extrême aigu, pizzicati et sonorité brillante des cymbales antiques… Après avoir mûri longuement cette idée, ses talents d’orchestrateur lui donnent les ressources pour recréer dans la pièce centrale de son œuvre l’ironie et la magie qui émanent des vers de Mercutio.

Félix Mendelssohn (1809-1847)
Mer calme et heureux voyage

Les poèmes de Goethe, Meeres Still und Glückliche Fahrt, ont, avant Mendelssohn, nourri l’inspiration de Beethoven dans sa cantate du même nom, et de Schubert dont le lied Meeres Still contient toute l’angoisse de l’immobilité des flots. Contrairement à ses aînés qui utilisent la voix pour la transposition musicale du poème, le tout jeune Mendelssohn, qui va devenir expert dans l’écriture d’œuvres poétiques « sans paroles », transpose l’ambiance de ces poèmes dans une ouverture pour orchestre en deux parties composée en 1828.
Le mouvement lent de la mer sans vague perd son caractère paisible pour s’emplir d’inquiétude alors que le bateau, immobile, ne peut rejoindre la rive. « Sur l’eau règne un profond silence, Sans mouvement la mer repose, Et le marin voit, inquiet, La plaine lisse alentour ». À l’anxieux appel de la flûte, qui termine ce premier mouvement, répond une agitation qui n’est pas synonyme de danger, mais de joie : « Eole dénoue les liens d’angoisse ». Et la fanfare finale salue l’arrivée du bateau à bon port.

Robert Schumann (1810-1856)
Concerto pour violoncelle

Les dernières années qui précèdent la mort de Robert Schumann sont emplies de la mélancolie et du tourment qui le pousseront, à l’hiver de l’année 1854, à se jeter dans le Rhin, fleuve symbole de l’inspiration romantique. Le concerto pour violoncelle, composé à l’automne 1850, devance cet acte désespéré de quelques années, mais le lyrisme poignant du premier thème, qui hante les trois mouvements de l’oeuvre et qui ré-apparaîtra juste avant le début du troisième mouvement, en porte déjà le présage.
Malgré une division classique en trois mouvements, la mélodie continue permet à l’œuvre de ne pas s’interrompre. La transition qui précède le second mouvement est un bel exemple de cette intertextualité musicale typiquement schumannienne : la mélodie du violoncelle cite presque exactement, comme un adieu, le dernier mouvement d’une de ses œuvres de jeunesse, la Sonate op.22. Au cœur des thèmes de ce concerto, on retrouve l’intervalle de quinte, cher à Schumann : comme une « idée fixe », il parsème le mouvement lent... c’est l’hommage à Clara.

London Symphony Orchestra

Le London Symphony Orchestra (LSO) est considéré comme l’un des meilleurs orchestres actuels. Il est entouré d’artistes hors du commun, dont son chef principal Valery Gergiev, les chefs invités Michael Tilson Thomas et Daniel Harding, ainsi que des partenaires de longue date parmi les meilleurs solistes d’aujourd’hui – Leonidas Kavakos, Anne- Sophie Mutter, Mitsuko Uchida et Maria João Pires, entre autres. Le London Symphony Orchestra est fier d’être résident au Barbican Centre, où il présente plus de 70 concerts par an. Il est également résident au Lincoln Center de New York, à la Salle Pleyel à Paris et a inauguré en 2010 une résidence de quatre ans au festival d’Aix-en-Provence. Il se produit régulièrement en Extrême-Orient, en Amérique du Nord ainsi que dans les principales villes européennes.

En plus de son activité dans les salles de concert, l’orchestre s’implique énormément tant au niveau national qu’international dans le domaine de l’éducation musicale et de la communication, touchant plus de 60 000 personnes chaque année grâce à son programme LSO Discovery. Toujours en quête de nouvelles initiatives, il a mis en place, avec le Barbican Centre et la Guildhall School of Music, un Centre pour Orchestre qui se concentre sur le développement professionnel de musiciens d’orchestre, ainsi que le programme LSO On Track, travail sur le long terme avec de jeunes musiciens, qui a culminé en 2012 avec l’interprétation de Nimrod d’Edward Elgar, lors de l’ouverture des Jeux Olympiques de Londres.

Cherchant constamment à ouvrir ses activités à un public toujours plus large, le LSO s’intéresse à de nouveaux moyens de diffuser la musique en utilisant les ressources des nouvelles technologies. Il crée également son propre label discographique, LSO Live, sous lequel il a déjà publié plus de soixante-dix enregistrements qui ont reçu de nombreuses distinctions.

Ses dernières parutions comprennent l’intégrale des symphonies de Szymanowski, La Grande Messe des morts de Berlioz ainsi que les premier et deuxième symphonies de Brahms. Il a été en 2012 l’orchestre officiel des Jeux Olympiques et Paralympiques de Londres, rendu mémorable par l’apparition de Rowan Atkinson pour interpréter Les Chariots de feu, sous la direction de Sir Simon Rattle. Le LSO a également enregistré les musiques de plusieurs centaines de films, dont notamment la dernière production Pixar (Rebelle), quatre des huit films de la saga Harry Potter, Le Discours d’un roi, Superman ainsi que les six volets de Star Wars.

Sir John Eliot Gardiner

Sir John Eliot Gardiner, l’un des chefs les plus versatiles de notre temps, est reconnu comme un personnage clé dans le renouveau de la musique ancienne. Fondateur et directeur artistique de trois ensembles - le Monteverdi Choir, les English Baroque Soloists et l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique, Sir John Eliot Gardiner apparaît aussi régulièrement avec les plus grands orchestres symphoniques européens, notamment le London Symphony Orchestra, le Bayerischer Rundfunk, le Royal Concertgebouw, le Czech Philharmonic et l’ Orchestre National de France. L’étendue de son répertoire s’illustre par plus de 250 enregistrements réalisés pour les grandes maisons de disques européenne (y compris la Deutsche Grammophon, Decca, Philips Classics et Erato), qui ont reçu de nombreux prix internationaux.
Beaucoup des enregistrements du label ont été récompensés par des prix internationaux, dont l’enregistrement de l’année durant les Gramophone Awards en 2006 et le Diapason d’or de l’ Année en France pour les Motets de Bach.

En tant que chef invité, John Eliot Gardiner poursuit sa relation étroite avec le London Symphony Orchestra. Au printemps 2010, ils ont terminé ensemble un cycle Beethoven de trois ans, comprenant des spectacles au Royaume-Uni, à Paris, à Amsterdam, à Munich et à Madrid. Pendant la saison 2011/2012 , il est parti en tournée avec le LSO en Allemagne et a dirigé le Bayerischer Rundfunk Orchester Salzburg. Au printemps 2012, il a travaillé pour la première fois avec le Mahler Chamber Orchestra. Ensemble, ils ont joint leurs forces avec le Monteverdi Choir pour la tournée italienne et espagnole de Manfred (Schumann).

Après le succès de sa reprise de Simon Boccanegra au Royal Opera House (Covent Garden) en 2008, il y a fait son grand retour pour jouer Rigoletto en avril 2012. Il a terminé la saison 2012 avec deux représentations du Requiem de Berlioz au Festival Saint-Denis (Paris) et un très acclamée Pelléas et Mélisande de Debussy à la BBC Proms . Il a poursuivi la saison 2013 avec une tournée européenne et nord-américaine de la 9e Symphonie de Beethoven et de la Missa Solemnis avec le Monteverdi Choir et l’ORR, suivie par des concerts avec le Royal Concertgebouw, le Teatro La Fenice, le Gewandhaus de Leipzig et le LSO.

Parmi de nombreux prix, Sir John Eliot Gardiner a reçu un doctorat honorifique de l’Université de Lyon en 1987, puis du New English Conservatory of Music de Boston en 2005. Il a été nommé Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres en 1996, Chevalier de la Légion d’Honneur en 2010. Depuis 1992, il est membre honoraire du Kings College à Londres et de la Royal Academy of Music. Il a enfin reçu le titre de chevalier dans la liste d’honneurs présentée par la Reine pour son anniversaire en 1998.

> Plus d’informations sur les artistes (PDF)

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London Symphony Orchestra
©Alberto Venzago
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Sir John Eliot Gardiner
©Sheila Rock/Decca