
Ordre et beauté
Samedi 21 août - 21h - Château Louis XI
European Camerata
Nathalie Stutzmann, contre alto
Laurent Quénelle, premier violon solo
Luigi Cherubini : Médée (ouverture)
Ludvig van Beethoven : Symphonie n°2 en Ré M, op. 36
Hector Berlioz : Les nuits d'été, op. 7
Avec l’Ouverture de Médée de Cherubini, œuvre que Berlioz estimait - et « toute l’Europe » avec lui ! - comme le chef-d’œuvre du compositeur (et directeur du Conservatoire de Paris avec qui il eut par ailleurs quelques prises de bec célèbres), et la Symphonie en ré (la deuxième) de Beethoven, où le compositeur au style encore très « mozartique » écrivait « ces délicieuses mélodies où il se montre le plus grand musicien qui ait jamais existé » et « qu’on ne peut entendre sans frémir de plaisir », Laurent Quénelle, premier violon solo de la très anglaise European Camerata, nous propose une première partie de programme parfaitement dans le ton de ce qu’on aimait entendre à Paris à l’époque où Berlioz chroniquait avec passion, engagement, humour et (parfois mauvais) esprit dans le Journal des débats…
Et puis ensuite, changement de registre, ordre et beauté selon Berlioz, luxe d’un chef d’oeuvre construit à partir des mots doux et naïfs de Théophile Gauthier, ici offerts à la merveilleuse et troublante voix de Nathalie Stutzmann… Pour en donner plus encore la dimension intime, sans chef d’orchestre comme le veut le principe de l’European Camerata, la diva nous guidera dans ces Nuits d’été de Berlioz, cycle de mélodies dont on oublie souvent qu’elles ne furent pas écrites pour la seule voix d’une mezzo-soprano ou d’une soprano dramatique (comme on les entend généralement), et présentées ici dans une version grave et rare, pour contralto. Proposition inédite et précieuse, calme et volupté pour une nuit d’été.
Bruno Messina
European Camerata
Une histoire d’amitié musicale en Europe

C’est en 1995, après une session de l’Orchestre des Jeunes de la Communauté Européenne que le violoniste Laurent Quénelle décide de prolonger la réunion des talents de cet orchestre éphémère au sein d’une formation originale qui n’est pas sans rappeler l’aventure de l’Orpheus Chamber Orchestra.
European Camerata possède la particularité de se produire debout, sans chef d’orchestre, uniquement sous la direction d’un violon solo, revenant à la définition première de l’orchestre du XVIIIe siècle. Ces musiciens qui se rencontrèrent encore étudiants sont maintenant devenus des artistes aguerris et réputés, membres des plus prestigieuses phalanges musicales européennes (London Symphony Orchestra, Orchestre de Paris, English Chamber Orchestra, Chamber Orchestra of Europe…).
L’orchestre est à l’image de leur amitié et tend à perpétuer les valeurs de partages et de hautes exigences artistiques. Tous participent à la vie de l’orchestre et provoquent ensemble une réflexion commune autant sur le développement artistique que sur l’interprétation des partitions. Leur démarche est ainsi plus proche de la musique de chambre et du quatuor à cordes que d’un orchestre traditionnel. Ils parviennent ainsi à une grande cohésion tout en développant une liberté maximale d’interprétation.
Cet ensemble à géométrie variable se forge une solide réputation dès ses débuts en Espagne. Présentant un répertoire varié et éclectique, ils sont rapidement invités par de prestigieuses salles et festivals européens. Ils se produisent ainsi au Wigmore Hall à Londres ainsi qu’à St John Smith Square et St Luke’s, aux Festivals d’Auvers sur Oise, de Divonne, Classique au vert à Paris ou encore Les Flâneries musicales de Reims
et le Festival du Périgord noir. En 2003 Ils sont invités pour le concert d’ouverture du Festival Mozart de Würzburg et se distinguent aussi lors de tournées mémorables en Asie et au Maghreb. European Camerata créé des liens solides avec des solistes de renoms tels François Leleux, Olivier Charlier, Michel Dalberto, Cédric Tiberghien, Marcela Roggeri ou Nicolas Dautricourt. Le répertoire de European Camerata reflète la diversité culturelle de ses membres qui aiment interpréter des partitions de la période baroque à la musique contemporaine. Ainsi, l’ensemble a pu collaborer activement avec des compositeurs comme Nicolas Bacri, Colin Matthews, Pascal Dusapin, Alfonso Romero ou encore le bandonéoniste
William Sabatier.
L’ensemble est capté régulièrement par France Musique et Mezzo et ont enregistré quatre disques, dont deux disques consacrés à Britten (2008) et Mendelssohn (2009) pour le label Fuga Libera. L’ensemble est parrainé par Bernard Haitink.
Nathalie Stutzmann, contre alto
Considérée comme une des plus grandes voix et une des personnalités musicales les plus marquantes de notre époque, Nathalie Stutzmann possède un vaste répertoire qui s’étend des passions et oratorios des périodes baroque, classique et romantique aux œuvres du XXe siècle. Elle travaille régulièrement avec les plus grands chefs, Rattle, Ozawa, Gardiner, Minkowski, Chailly, Dohnanyi… Elle se produit avec les formations les plus prestigieuses comme la Philharmonie de Berlin, la Dresden Staatskapelle, le Boston Symphony Orchestra, l’Orchestre de Paris, le London Symphony Orchestra…
Après des études complètes de piano, basson, direction d’orchestre et musique de chambre, Nathalie Stutzmann est formée pour le chant par sa mère, Christiane Stutzmann, puis à l’Ecole d’Art lyrique de l’Opéra de Paris, et enfin par Hans Hotter.
Depuis toujours, une grande partie de ses saisons sont consacrées au récital de Lied allemand et à la mélodie.
Depuis 1994, elle se produit dans le monde entier avec la pianiste suèdoise Inger Södergren. Leurs enregistrements de Schumann, Chausson, Poulenc chez RCA, et récemment des trois grands cycles de lieder de Schubert chez Calliope (dernière parution octobre 2008 «Die schöne Müllerin»), témoignent de cette collaboration intense et exceptionnelle, couronnée par de nombreuses distinctions telles que la Deutsche Schallplatten Kritik Preis, Japan Record Academy Award, Grammy Award.
Au cours des prochains mois, on pourra les entendre entre autre à Paris, Turin, Stuttgart, Genève, Vigo…
A la scène, Nathalie Stutzmann incarne les premiers rôles des opéras de Haendel, mais aussi l’Orfeo de Gluck, le Ring de Wagner (Erda), ou encore la Fledermaus de Strauss.
Nathalie Stutzmann a enregistré plus de 75 titres, dont une grande partie pour RCA, sa maison de disques depuis 1991, mais également pour Philips, EMI, DGG ou Sony.
Parmi ses nouveautés citons des cantates de Bach dirigées par Gardiner (SDG) et la cantate «Von deutscher Seele» de Pfitzner avec le D.S.O de Berlin dirigé par Metzmacher (Capriccio).
A paraître cette saison: «Alt Rhapsodie» de Brahms avec Gardiner, «l’Enfant et les Sortilèges» de Ravel avec Rattle, et la «Messe en Si» de Bach avec Minkowski.
Au cours de cette saison, Nathalie Stutzmann sera à deux reprises l’invitée de l’Orchestre Philharmonique de Berlin. Tout d’abord pour des concerts de «L’Enfant et les Sortilèges» de Ravel dirigés par Sir Simon Rattle, enregistré pour EMI. Puis avec Seiji Ozawa pour «Elias» de Mendelssohn (mai 2009). Entre temps, des concerts au Japon sont prévus au cours de l’automne 2008. Elle sera avec Marc Minkowski et son orchestre des Musiciens du Louvre pour une tournée européenne et un enregistrement chez Naïve (Haydn) en janvier 2009. L’Orchestre de Paris l’a invitée pour chanter sous la direction de Christoph Eschenbach les «Kindertotenlieder» de Mahler (avril 2009).
A plus long terme, Nathalie Stutzmann donnera des concerts à Amsterdam, Bruxelles, Londres, Milan etc… une tournée de concerts consacrés à Vivaldi avec Les Musiciens du Louvre et Marc Minkowski (enregistré chez Naïve (Mars 2010), la Passion selon Saint Matthieu de Bach à La Haye dirigé par Peter Schreier (Avril 2010).
En 2011, à l’occasion du 100e anniversaire de la mort de Gustav Mahler, Sir Simon Rattle a invité Nathalie Stutzmann pour chanter la Symphonie n° 3 à Berlin puis à Londres et Amsterdam (Février 2011) et la Symphonie n° 8 (Septembre 2011).
En octobre 2008, Nathalie Stutzmann a créé son propre orchestre de chambre parallèlement à son activité intense de soliste invitée, elle consacre une partie de sa saison à la direction de son ensemble, ORFEO 55, avec lequel elle se produit en tant que chanteuse et chef d’orchestre, principalement dans le répertoire XVIIIe.
La première tournée de l’ensemble aura lieu en juin 2009 avec un programme Vivaldi puis en novembre 2009 autour du Stabat Mater de Pergolèse.
Chevalier des Arts et Lettres, Nathalie Stutzmann donne également des cours d’interpétation à travers le monde.
Laurent Quénelle,violon solo
Né en 1970, Laurent Quenelle débute le violon dès l’age de 3 ans. Après des études aux conservatoires de Rosny et de St Maur, il part à l’âge de 16 ans suivre les cours du maître Denes Zsigmondy aux Etats-Unis, à la Washington University de Seattle. De retour en France il entre au CNSM de Paris dans la classe de Pierre Doukan. Il en sort avec un 1er prix de violon et de musique de chambre. Il entre ensuite en 3eme cycle mais en 1991, décide de se perfectionner a Londres dans la classe de David Takeno à la Guidhall School of Music.Laurent Quenelle mène une carrière riche et variée : membre du London Symphony Orchestra depuis 1996, il est régulièrement invité comme violon solo avec le London Sinfonieta, le Scotish Ensemble ainsi que l’Orchestre d’Auvergne, l'Orchestre Royal des Flandres. Il s’est produit en musique de chambre aux côtés d’artistes tels que François Leleux, Gordan Nikolic, Edgar Meyer ou encore avec V. Ashkenazy, avec lequel il a enregistré la musique de chambre de Stravinsky pour le label DECCA. Il a également joué avec des groupes tels que le Nash Ensemble, Oxalys, et fut membre du Mulova Ensemble.
En récital, il se produit avec le pianiste Tom Blach, avec qui il vient de réaliser une tournée en Asie. Il s'est également produit en soliste avec l’Orchestre Philharmonique de Seattle, le London Chamber Orchestra et l’Orchestre d’Avignon.
Laurent Quenelle est lauréat de la « Seattle Young Artist Competition », du « Mayor of London Prize » et des fondations Cziffra et Sasakawa. Il est directeur artistique de European Camerata, ensemble qu’il a fondé et dirige du violon depuis 1995.

Les avis sur ce spectacle
Il n'y a pas encore d'avis pour ce spectacle
Déposer un avis