
Ouverture à l'italienne
Mercredi 18 août - 21h - Château Louis XI
Les Musiciens du Louvre ● Grenoble
Marc Minkowski, direction
Anne Sofie Von Otter, mezzo soprano
Lise Berthaud, alto
Hector Berlioz : Le carnaval romain, op. 9 (ouverture)
Hector Berlioz : Cléopâtre (cantate du prix de Rome)
Hector Berlioz : Harold en Italie, op. 16
« Ô grande et forte Italie ! » se souvient Berlioz dans ses Mémoires… Il ne faut donc pas s’arrêter aux mots amers du musicien qui eut le Prix de Rome et fut contraint de quitter Paris au moment où il le souhaitait le moins : le 30 décembre 1830, quelques jours après le succès de La Symphonie Fantastique, et laissant derrière lui Camille Moke, sa fiancée (et première relation amoureuse connue). En lisant et en écoutant Berlioz, on découvre une relation passionnée à l’Italie ainsi que l’importance qu’elle eut dans sa vie. Des sérénades à Subiaco et des « pifferari » pour Noël à Rome, de « la mer faisant la sieste » au « sabbat » du Vésuve à Naples, de Florence la bien-aimée - « C’est une ville que j’aime d’amour. Tout m’en plaît, son nom, son ciel, son fleuve, ses poutres, ses palais, son air, la grâce et l’élégance de ses habitants, les environs, tout, je l’aime, je l’aime… » - à l’italienne Nice, où il vécut « les vingt plus beaux jours de [sa] vie », tout impressionne l’artiste et alimente ses passions. Sans doute aussi que Berlioz, de la lecture de Virgile offerte par son père à l’horizon majestueux des Alpes annonçant l’Italie, eut depuis son plus jeune âge une certaine aspiration transalpine…
Ouverture prestigieuse proposée par le maestro Minkowski et les Musiciens du Louvre-Grenoble, avec Le Carnaval Romain, la cantate Cléopâtre (du candidat au Prix de Rome qu’était encore le jeune Berlioz) par la diva Anne-Sofie Von Otter et le chef-d’oeuvre Harold en Italie, symphonie avec l’alto solo de la talentueuse Lise Berthaud, pour une traversée romantique des paysages italiens de Berlioz…
Bruno Messina
Les Musiciens du Louvre • Grenoble

Fondés en 1982 par Marc Minkowski, les Musiciens du Louvre • Grenoble, s’inscrivent dans le renouveau de la musique ancienne en France. Le projet de l'ensemble est de proposer une relecture progressive du répertoire symphonique et lyrique sur instruments d'époques. Bâtissant progressivement un répertoire allant de l'ère baroque à la musique moderne ayant à cœur de redonner des œuvres injustement laissées dans l'ombre. Ce projet fait des Musiciens du Louvre • Grenoble l’un des ensembles les plus évolutifs, inventifs et originaux au monde. Depuis 1996, les Musiciens du Louvre • Grenoble sont artistes en résidence de la MC2 : Grenoble.
L’ensemble s'est ainsi fait remarquer pour sa relecture notamment des œuvres de Handel (sa contribution au renouveau du répertoire handélien est d’ailleurs aujourd’hui reconnue comme l’une des plus importantes), de Purcell et de Rameau mais également de Haydn et de Mozart et renouvelle depuis quelques années l'interprétation des partitions de Bach (Messe en si, Passion selon Saint-Jean, Concertos Brandebourgeois) et du répertoire classique, comme l'ont récemment montré ses interprétations de la Messe en ut de Mozart au Festival de Salzbourg ou des Symphonies londoniennes de Haydn au Konzerthaus de Vienne. Ce cheminement le conduit naturellement à aborder des répertoires de plus en plus tardifs avec une prédilection pour la musique française du XIXe siècle. Il participe dès lors à des projets autour de Berlioz (Symphonie Fantastique, Nuits d’été, Harold en Italie)
L’opéra a pris rapidement une part croissante dans l’activité de l’Orchestre et le répertoire s’élargit vers d’autres univers : Monteverdi (Le Couronnement de Poppée en 2000 au Festival d’Aix-en-Provence), Handel (Ariodante à l'Opéra de Paris, prochainement Alcina au Staatsoper de Vienne), Rameau (Platée à l'Opéra de Paris), Gluck (Iphigénie en Tauride à l’Opéra de Paris), Mozart (La Flûte Enchantée à la Ruhr Triennale, L’Enlèvement au Sérail au Festival d’Aix-en-Provence, Mitridate et bientôt Cosi fan tutte au Festival de Salzbourg, Idomeneo au Musikfest Bremen). Les Musiciens du Louvre • Grenoble se distinguent également par leur approche des opéras d'Offenbach (La Belle Hélène, La Grande-Duchesse de Gérolstein), Bizet (Carmen mai 2007), Wagner (Die Feen mars 2009) et Massenet (Cendrillon, à découvrir en 2011 à l'Opéra Comique).
Au cours de son activité professionnelle foisonnante, l’ensemble a entrepris plusieurs tournées importantes, en Europe, en Amérique du Sud et en Asie.
Après avoir signé une série d'enregistrements de référence pour Deutsche Grammophon, les Musiciens du Louvre • Grenoble sont édité aujourd’hui chez le label français Naïve - L’Arlésienne et des extraits de Carmen de Bizet (mars 2008), La Messe en si mineur de Bach (décembre 2008), L'Hommage à Sainte Cécile Handel, Haydn, Purcell (novembre 2009) et une intégrale des Symphonies londoniennes de Haydn (mars 2010). Considéré comme « l’une des meilleures formations orchestrales au monde » par le prestigieux quotidien britannique The Guardian, l’ensemble s'est enrichi en 2005 de l’Atelier des Musiciens du Louvre • Grenoble, dont l'objectif est de créer une rampe d'accès aux concerts de la saison auprès des publics de la région Rhône-Alpes.
Les Musiciens du Louvre ● Grenoble sont subventionnés par la Ville de Grenoble, le Conseil général de l’Isère, la Région Rhône-Alpes, le ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Rhône-Alpes)
Marc Minkowski, direction

D’abord bassoniste, Marc Minkowski aborde très jeune la direction d’orchestre, notamment sous le regard de Charles Bruck au sein de la Pierre Monteux Memorial School aux États- Unis. À l’âge de dix-neuf ans, il fonde Les Musiciens du Louvre, ensemble qui prendra une part active au renouveau baroque et avec lequel il défriche aussi bien le répertoire français (Lully, Rameau, Campra, Marais, Mouret, Rebel, Mondonville...) que Handel (premiers enregistrements du Trionfo del Tempo, d’Amadigi et de Teseo, mais aussi Ariodante, Giulio Cesare, Hercules, Semele, les motets et la musique d’orchestre), avant d’aborder Mozart, Rossini, Offenbach, Bizet ou Wagner.
Ce qui ne l’empêche pas de sillonner l’Europe avec ou sans son orchestre, de Salzbourg (Die Entführung aus dem Serail, Die Fledermaus, Mitridate, prochainement Così fan tutte) à Bruxelles (La Cenerentola, Don Quichotte de Massenet) et d’Aix-en-Provence (L’incoronazione di Poppea, Le nozze di Figaro, Idomeneo, un nouveau Serail) à Zurich (Il trionfo del Tempo, Giulio Cesare, Agrippina, Les Boréades, Fidelio, La Favorite).
Régulièrement à l’affiche de l’Opéra de Paris (Platée, Idomeneo, Die Zauberflöte, Ariodante, Giulio Cesare, Iphigénie en Tauride, Mireille) et au Châtelet (La Belle Hélène, La Grande-Duchesse de Gérolstein, Carmen, Die Feen de Wagner en création française), on l’aperçoit aussi dans d’autre théâtres parisiens, notamment l’Opéra Comique où il ressuscite La Dame blanche de Boieldieu, dirige en 2002 Pelléas & Mélisande pour le centenaire de l’ouvrage, bientôt Cendrillon de Massenet ; mais aussi à Venise (Le Domino noir d’Auber), Moscou (création scénique de Pelléas en Russie, spectacle d’Olivier Py attendu prochainement à Nice), Berlin (Robert le Diable), Amsterdam (Les Huguenots), Vienne où, durant la saison 2010-1011, les Musiciens du Louvre • Grenoble seront le premier orchestre français à se produire dans la fosse du Staatsoper (Alcina de Handel).
Directeur musical du Sinfonia Varsovia depuis 2008, Marc Minkowski est également l’hôte régulier d’orchestres symphoniques avec lesquels son répertoire évolue de plus en plus vers le XXe siècle de Ravel, Stravinsky, Lili Boulanger, Albert Roussel, John Adams, Henryk Gorecki ou Olivier Greif.
Souvent invité en Allemagne – par la Staatskapelle de Dresde, l’Orchestre philharmonique de Berlin, le DSO Berlin ou les différents orchestres de Munich – il dirige également le Los Angeles Philharmonic, les Wiener Symphoniker, la Camerata Salzburg, le Cleveland Orchestra, le Mahler Chamber Orchestra, les Göteborgs Symphoniker... jusqu’au tout jeune Qatar Philharmonic Orchestra en 2010.
Après le succès remporté en 2009 par les Musiciens du Louvre • Grenoble et leur fondateur au Wiener Konzerthaus lors d’une intégrale des Symphonies londoniennes de Haydn enregistrée live par Naïve – leur éditeur exclusif depuis 2007 –, la même salle accueillera les mêmes musiciens pour l’intégrale des Symphonies de Schubert en 2012.
Anne-Sofie von Otter, mezzo soprano

C’est à la Guildhall School of Music and Drama de Londres que la mezzo soprano suédoise Anne Sofie von Otter a fait ses études, auprès notamment de Vera Rosza, Erik Werba et Geoffrey Parsons.
Engagée à l’Opéra de Bâle (1983-1985), elle fait ses débuts dans les rôles d’Alcina (Orlando Paladino de Haydn), Chérubin (Les Noces de Figaro de Mozart), Hänsel (Hansël et Gretel d’Humperdinck), Orphée (Orphée et Eurydice de Gluck) et Clairon (Capriccio de Strauss). Elle entame alors une carrière de renommée internationale qui se poursuit depuis plus de vingt ans.
Particulièrement appréciée pour son interprétation d’Octavian dans Le Chevalier à la rose, elle l’a non seulement enregistré pour EMI avec Bernard Haitink, mais aussi chanté à Stockholm, Munich, Chicago, Covent Garden, Vienne, au Japon (avec Carlos Kleiber, enregistré en DVD), au Metropolitan Opera, ainsi qu’à l’Opéra de Paris. Parmi ses autres rôles de prédilection, on peut citer : Dorabella (Cosi fan tutte), Ramiro (La Finta giardiniera), Ariodante, Sesto (La Clémence de Titus), Ismène (Alceste), le Compositeur (Ariane à Naxos), Charlotte (Werther), Marguerite (Faust) et Tancrède (de Rossini).
Anne Sofie von Otter entretient une relation privilégiée avec James Levine et le Metropolitan Opera où elle a donné de nombreuses représentations, y chantant pour la première fois Mélisande.
Elle consacre également une grande partie de son temps au concert sous la direction de chefs tels que Claudio Abbado, John Eliot Gardiner, Georg Solti et Marc Minkowski. En récital, elle se produit régulièrement avec son partenaire de longue date, Bengt Forsberg.
Sa discographie s’étend sur un large répertoire qui va du Baroque au XXe siècle et bon nombre de ses enregistrements ont été récompensés. Récemment, elle a enregistré "For the stars", en collaboration avec le parolier, arrangeur et producteur Elvis Costello, "Mots d’amour", un disque entièrement dédié à la musique de Cécile Chaminade, des lieder avec orchestre de Schubert sous la direction de John Eliot Gardiner et "Watercolours" qui réunit des mélodies scandinaves et fait suite à "Wings in the Night".
Ses derniers engagements l'ont menée au Met où elle a été à nouveau Sesto sous la direction de James Levine, à l’Opéra Royal de Suède où elle a chanté dans L’Heure espagnole, à Munich dans Orphée et Eurydice dirigé par Ivor Bolton, à Sante Fe dans Carmen, à Copenhague dans Pelléas et Mélisande, à Genève dans Les Troyens dirigé par John Nelson.
Source : http://sites.radiofrance.fr/francemusique/bio/fiche.php?numero=5000008
Lise Berthaud
Très active sur les scènes de prestigieux festivals et salles de concerts (Festivals de Menton, Deauville, Côte Saint-André, Roque d’Anthéron, Folle Journée, Montpellier-Radio France, Auditorium du Musée d’Orsay, Salon de Provence, Festival de l’Epau Festival de Davos, Louisiana au Danemark, Festival de Moritzburg…), Lise Berthaud partage régulièrement l’affiche avec des artistes tels que Renaud Capuçon, Eric Le Sage, Augustin Dumay, Pierre-Laurent Aimard, Louis Lortie, David Grimal, Emmanuel Pahud, Gordan Nikollich, Martin Helmchen, Marie-Elisabeth Ecker, Daishin Kashimoto, les Quatuors Ebène et Modigliani, …
En soliste Lise s’est notamment produite aux côtés du Düsseldorfer Symphoniker, du Sinfonia Varsovia dirigé par Marc Minkowski, de l’Orchestre de Cannes, de l’Orchestre de Chambre de Wallonie, du Philharmonique de Sao Paulo, de l’Orchestre Lamoureux au Théâtre du Châtelet, ….. A 20 ans, elle effectue une tournée sous la direction d’Emmanuel Krivine. Plus récemment, pour l’année Mozart, Augustin Dumay la chosit pour se produire à ses côtés dans la Symphonie Concertante pour une tournée internationale. En 2009 elle participera à l’intégrale Schumann d’Eric Le Sage sur plusieurs scènes, puis sera l’invitée en 2010 de la Salle Pleyel pour une série de concerts consacrés à la musique de chambre de Fauré.
En 2006, elle forme avec David Grimal, François Salque et Ayako Tanaka le Quatuor Orféo qui a présenté notamment, au cours de la saison 2008 une intégrale des quatuors de Beethoven sur plusieurs scènes françaises dont l’Opéra de Dijon, la Scène Nationale d’Orléans, ou encore la Scène National du Havre ; plusieurs concerts ont également eu lieu à la Cité de la Musique à Paris... Lise Berthaud côtoie par ailleurs ces mêmes artistes au sein des Dissonances, très actif ensemble de chambre à géométrie variable. Enfin Seiji Ozawa la chosit en 2006 pour participer à son académie de Quatuor à Cordes en Suisse.
Lise Berthaud a par ailleurs collaboré avec de nombreux compositeurs dont Philippe Hersant, Thierry Escaich, Henri Dutilleux, Gyorgy Kurtag, ou encore Jérémie Rohrer, ou Guillaume Connesson dont elle crée l’œuvre pour alto et piano en septembre 2007….
Née en 1982, Lise a étudié au Conservatoire de Paris dans les classes de Pierre-Henry Xuereb et Gérard Caussé. A 18 ans, elle est lauréate du Concours Européen des Jeunes Interprètes. Après un premier prix et un prix de perfectionnement au CNSM, elle remporte en 2005 le Prix Hindemith du Concours International de Genève. La même année, la revue Classica lui consacre un numéro spécial et publie un enregistrement Brahms-Schumann. En 2006, Lise Berthaud est lauréate du Programme déclic de l’AFAA-Radio France.
Lise Berthaud joue un alto spécialement réalisé pour elle par Stephan von Baehr.

Les avis sur ce spectacle
Brown - Mercredi 25 Août 2010, 11:26
Une belle soirée, malgré quelques gouttes de pluie, qui commence par une sympathique collation dans le parc du château. Tenues décontractées et élégantes se côtoient. On est déçu d'apprendre que la cantatrice prévue, souffrante, sera remplacée. Très académique, la cantate semble un peu longuette, malgré de beaux efforts de la soprano, au port altier. Harold en Italie est décevant et on comprend que Paganini l'ait refusé : là où un Dvorak aurait "cassé la baraque" dans le dernier mouvement, l'alto s'est définitivement tu ! Pendant sa prestation, notre altiste, agitée et primesautière en fait des tonnes : gestes langoureux, oeillades assassines, entrechats...
Un regret, le bis orchestral, très brillant ne figure nulle part dans les programmes : quelle est cette oeuvre ? Bravo et salutations. FB
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