
Symphonies Fantastiques
Samedi 28 août - 21h - Château Louis XI
Orchestre National de Lorraine
Jacques Mercier, direction
P. Leroux : Envers Symphonie (création mondiale, commande du Festival Berlioz)
H. Berlioz : Symphonie Fantastique, op. 14
« La musique moderne n’a donc rien à envier en puissance à celle des anciens. A présent, quels sont les modes d’action de notre art musical ? Voici tous ceux que nous connaissons ; et, bien qu’ils soient fort nombreux, il n’est pas prouvé qu’on ne puisse dans la suite en découvrir encore quelques autres. » Hector Berlioz
Un festival dédié à Berlioz qui ne prendrait pas le risque de la création rendrait-il complètement son hommage au génie qui en son temps prit tous les risques, y compris celui de déplaire aux adorateurs du passé, des sonorités connues et des formes figées ? Nous postulons que non. Aussi, nous avons commandé à Philippe Leroux, compositeur français mondialement célébré et installé à Montréal, une symphonie d’aujourd’hui. Elève de compositeurs majeurs du siècle dernier, dont Olivier Messiaen, Iannis Xenakis, Pierre Schaeffer, Ivo Malec ou encore Claude Ballif (aussi connu pour sa biographie de Berlioz), ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome (où il se promena dans les pas de Berlioz) et compositeur dont les succès résonnent plus encore à l’étranger qu’en France (comme Berlioz en fit aussi l’expérience), Philippe Leroux a accepté le défi et le cadre programmatique suggéré : une symphonie d’inspiration « fantastique », avec cinq mouvements et une « idée fixe »…
Ainsi, le temps d’une soirée, avec l’Envers Symphonie de Philippe Leroux (en création mondiale à La Côte-Saint-André), et le chef d’œuvre éternel de Berlioz, la Symphonie fantastique, irréversiblement audacieuse et moderne, l’Orchestre National de Lorraine, sous la baguette experte de son chef Jacques Mercier, rendra hommage à « l’intelligence, l’imagination, le génie » et, toujours selon les mots de Berlioz, cet « art nouveau que nous appelons musique » …
Bruno Messina
Jacques Mercier
Premier prix de direction d’orchestre à l’unanimité au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Jacques Mercier obtient aussi le Premier Prix du Concours international de jeunes chefs d’orchestre de Besançon. Assistant de Pierre Boulez à l’Opéra de Paris et à l’Ensemble Intercontemporain, il bénéficie également des conseils de Herbert von Karajan.
Jacques Mercier entame rapidement une carrière internationale. Il dirige de prestigieuses formations : l’Orchestre de Paris, l’Orchestre national de France, le London Symphony Orchestra, l’Orchestre de la Suisse Romande… Qualifié de « Souveräner Dirigent » à Berlin, Jacques Mercier se produit au festival de Salzbourg tout comme à Séoul, Montréal, Kyoto, Helsinki… et Madrid, où il est cité par la critique comme « l’un des meilleurs chefs français et européens de sa génération. »
De 1982 à 2002, Jacques Mercier est directeur artistique et chef permanent de l’Orchestre national d’Ile-de-France. « Déployant une énergie et un enthousiasme communicatif, Jacques Mercier est parvenu à hisser sa formation au premier rang des orchestres français. » (Olivier Bellamy dans L’Evénement du Jeudi) ; « Jacques Mercier a fait la preuve irréfutable de son grand talent fait de précision et de maîtrise, mais aussi de flamme et de panache. » (Pierre Petit, Le Figaro).
Durant sept années, Jacques Mercier est chef permanent du Turku Philharmonic en Finlande : une expérience déterminante dans son approche des œuvres des compositeurs du Nord de l’Europe comme Sibelius, dont il s’attache à faire découvrir le répertoire en France.
Mais son talent, fait de précision, de rigueur, de finesse et d’une extrême sensibilité s’illustre à merveille dans le répertoire français des XIXe et XXe siècles jusqu’à la musique d’aujourd’hui qu’il défend avec passion. Il crée en particulier des œuvres de Iannis Xenakis, Luis de Pablo, Philippe Manoury et Wolfgang Rihm...
Pour le choix de ses enregistrements, Jacques Mercier fait preuve de curiosité et de pertinence. On lui décerne le Grand Prix de l’Académie Charles Cros pour Bacchus et Ariane d’Albert Roussel ainsi que le Prix de l’Académie du disque lyrique pour Djamileh de Bizet. Son enregistrement du Martyre de Saint-Sébastien de Claude Debussy paru chez RCA a obtenu le Choc du Monde de la Musique.
Dans le domaine de l’opéra, Jacques Mercier dirige tout particulièrement des œuvres issues du répertoire français : Carmen, Faust, Béatrice et Benedict, Dialogues des Carmélites, Pelléas et Mélisande, Lakmé, Les Pêcheurs de perles…
Elu Personnalité musicale de l’année 2002 par le Syndicat professionnel de la critique dramatique et musicale, Jacques Mercier est aujourd’hui chef permanent et directeur artistique de l’Orchestre national de Lorraine à Metz. Son premier disque avec cette phalange, L’An Mil de Gabriel Pierné, a obtenu un Diapason d’or de l’année 2007. Son second disque paru en 2008, consacré à Antoine et Cléopâtre de Florent Schmitt, vient également d’obtenir un Diapason d’or.
Jacques Mercier « semble pénétrer les mystères de cette musique alliant le symbolisme d’un Debussy, la sensualité chatoyante d’un Ravel, l’implacable pulsation d’un Roussel. » (François Laurent, Diapason)
« Jacques Mercier, dont on ne dira jamais assez à quel point il est depuis longtemps un chef de tout premier plan, dont la renommée médiatique n’égale pas les qualités… » (Jacques Bonnaure, Classica-Répertoire).
« Jacques Mercier à la tête du National de Lorraine ne manque ni de panache ni de sauvagerie… Précise, suggestive, sensible, la direction de Jacques Mercier est totalement convaincante. » (Guillaume-Hugues Fernay, classiquenews.com)
Sous la direction de Jacques Mercier, l’Orchestre national de Lorraine s’est produit aux Festivals de la Chaise-Dieu, de Brighton, d’El Jem en Tunisie, au Festival Berlioz, et en tournée en Espagne.
La critique se montre particulièrement élogieuse : « L’Orchestre national de Lorraine prouve qu’il peut maintenant jouer dans la cour des grands. » (Jacques Bonnaure, Classica-Répertoire).
Orchestre National de Lorraine
Fondé en 1976, l’Orchestre national de Lorraine a été dirigé par Emmanuel Krivine, Jacques Houtmann, Jacques Lacombe et depuis 2002, par Jacques Mercier.
Des chefs et solistes de renommée internationale ont travaillé avec l’Onl au nombre desquels figurent John Axelrod, Naoto Otomo, François-Xavier Roth, Mstislav Rostropovitch, Brigitte Engerer, Jean-Efflam Bavouzet, Roger Muraro, Cecilia Bartoli, et Nicholas Angelich…
A Metz, l’orchestre donne ses concerts à l’Arsenal, lieu d’exception évoqué en termes élogieux par le célèbre violoncelliste Mstislav Rostropovitch « Cette maison a une acoustique fantastique, des proportions idéales pour la musique et une atmosphère que je trouve exceptionnelle. ». Depuis plusieurs années, l’Arsenal et l’Orchestre national de Lorraine accueillent des compositeurs en résidence comme Patrick Marcland, Édith Canat de Chizy, Philippe Hurel, Martin Matalon et Philippe Leroux. Ils sont tous deux partenaires du Festival Présences de Radio France et en février 2008, à l’occasion des 20 ans de l’Arsenal, la participation de l’Onl aux 16e Victoires de la Musique Classique, sous le parrainage du célèbre ténor Roberto Alagna, a été particulièrement remarquée. En parallèle, L’Orchestre national de Lorraine participe à la saison lyrique de l’Opéra-Théâtre de Metz.
Au fil des années, l’orchestre a affirmé sa vocation d’ambassadeur culturel en se produisant non seulement dans les 4 départements lorrains mais également dans toute la France, au-delà des frontières ainsi que dans de nombreux festivals.
L’Orchestre national de Lorraine entretient une étroite coopération avec les institutions culturelles des pays voisins : L’Orchestre philharmonique du Luxembourg, la Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken Kaiserslautern et le Musikfestspiele Saar où l’orchestre s’est produit seul, et avec la phalange allemande, sous la direction de Rafael Frühbeck de Burgos et Günther Herbig.
L’Orchestre national de Lorraine a pris part à des festivals renommés comme le Festival Berlioz de la Côte Saint-André, le Festival d’Art Sacré de Paris, les Flâneries musicales d’été de Reims, le Primavera concertistica di Lugano, le Festival de Sully-sur-Loire, le Festival d’Antibes d’Eve Ruggieri, le Brighton Festival, le Festival classique au vert du Parc Floral de Paris, le Festival des Nuits romantiques du Bourget et le Festival de la Chaise-Dieu. Sa présence au Musikverein de Vienne pour un concert exceptionnel a conforté la phalange lorraine au sein des plus grandes formations.
L’Onl a parcouru de nombreux pays : l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, la Tunisie, la Grande-Bretagne… La presse espagnole a salué chaleureusement son talent lors de sa dernière tournée à l’automne 2005.
L’Orchestre national de Lorraine a enregistré de nombreuses œuvres du répertoire, du XVIIIe au XXe siècle, enregistrements pour lesquels il a reçu plusieurs distinctions et récompenses. En février 2006, le Cd de Martin Matalon (Universal) qui reprend trois œuvres majeures du compositeur, a obtenu le Grand Prix des Lycéens.
L’Onl s’attache à mettre en valeur des compositeurs régionaux de grande qualité comme Théodore Gouvy, Gabriel Pierné et Florent Schmitt, trop longtemps négligés, sous-estimés, voire injustement méconnus. On peut citer l’enregistrement du Stabat Mater et du Requiem (K 617) de Théodore Gouvy. Ce dernier a obtenu les plus importantes récompenses discographiques : « Choc du Monde de la Musique », « 5 Diapasons », « 9 de Répertoire » et « RTL d’or », celui de Gabriel Pierné (Timpani) sorti en avril 2007, avec l’An Mil a été récompensé par un « diapason d’or de l’année ». En avril 2008, Antoine et Cléopâtre et Mirages de Florent Schmitt (Timpani) a été lui, couronné d’un « diapason d’or », « 10 de Répertoire » et « 4**** du Monde de la Musique ».
L’Orchestre national de Lorraine est subventionné par la Ville de Metz, le Conseil régional de Lorraine et le Ministère de la culture.
Philippe Leroux
Né le 24 septembre 1959 à Boulogne (France), Philippe Leroux intègre le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en 1978, dans les classes d'Ivo Malec, Claude Ballif, Pierre Schaeffer et Guy Reibel. Il y obtient trois premiers prix. Durant cette période, il étudie également avec Olivier Messiaen, Franco Donatoni, Betsy Jolas, Jean-Claude Eloy et Iannis Xenakis. En 1993, il est pensionnaire à la Villa Médicis où il séjourne jusqu'en octobre 1995.
Il compose une cinquantaine d'œuvres acousmatiques, vocales, de musique de chambre, pour orchestre symphonique et pour dispositifs électroniques, commandées par des institutions françaises et étrangères (ministère français de la Culture, Orchestre Philharmonique de Radio France, Radio SWR de Baden-Baden, Ircam, Ensemble intercontemporain, Ictus, 2e2m, INA-GRM, Fondation Koussevitsky…). Ses pièces sont données dans le cadre des plus grands festivals internationaux comme le Festival Présences de Radio France, Agora, Musica, Roma-Europa, Manca, le Festival de Bath, de Donaueschingen, de Barcelone, Ultima à Oslo, Tempo à Berkeley, ainsi que par les orchestres symphoniques de la BBC à Londres et en Ecosse.
Ses collaborations majeures avec l’Ircam regroupent Voi(rex), créée en 2003 à l’Institut par Donatienne Michel-Dansac et l’Ensemble L’Itinétaire sous la direction de Pierre-André Valade et Apocalypsis, créée en 2006 à la Maison de Radio France par Donatienne Michel-Dansac, Valérie Philippin et l’Ensemble BIT20 dans le cadre du festival Agora. Cette pièce est récompensée par le prix Francis et Mica Salabert en 2007.
En 2007, De la Texture est créée à San Francisco par le San Francisco Contemporary Music Player dirigé par David Milness et, en 2008, Des Autres à l’Arsenal de Metz par l’ensemble Musicatreize sous la direction de Roland Hayrabedian.
Philippe Leroux obtient de nombreux prix, publie plusieurs articles sur la musique contemporaine et donne des conférences ainsi que des cours de composition notamment à la Fondation Royaumont, à l'Ircam, dans les plus prestigieuses universités des Etats-Unis, et dans les Conservatoires Nationaux supérieurs de Musique de Paris et de Lyon.
De 2001 à 2006, il enseigne la composition à l'Ircam dans le cadre du Cursus de composition et d'informatique musicale ; en 2005 et 2006, il est également professeur de composition à l’Université Mac Gill à Montréal dans le cadre de la Fondation Langlois. De 2007 à 2009, il est en résidence à l’Arsenal de Metz et à l’Orchestre National de Lorraine. Depuis septembre 2009, il est professeur de composition invité par l’Université de Montréal pour deux ans.
Sa discographie comprend trois disques monographiques ainsi qu'une dizaine de disques, DVD-ROM et CD-ROM collectifs.
* Prix Hervé Dugardin ;
* Prix de la meilleure création musicale contemporaine de l'année 1996 pour (d')ALLER ;
* Prix SACEM des compositeurs ;
* Prix André Caplet de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France ;
* Prix Francis et Mica Salabert pour Apocalypsis en 2007 ;
* Prix Arthur Honegger de la Fondation de France.
© Ircam - Centre Pompidou, 2010

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