Festival Berlioz 2016

Histoire

A l’origine, Hector Berlioz et le Festival

Une relation toute particulière lie le compositeur romantique à la notion de « festival » et ce qu’elle sous-entend de festif, populaire et rassembleur.

Car parmi les géniales entreprises de Berlioz, il y en a une tellement réjouissante et si actuelle, si familière et unanimement partagée – quels que soient les goûts musicaux- qu’on a fini par oublier qu’il en fut sinon l’inventeur, au moins l’inégalable promoteur dans cette forme et sous ce nom passés à la postérité : festival !

Dès les années 30 (de 1800), le visionnaire Berlioz organisait une série de manifestations musicales, autour d’un même lieu et d’une même idée, et nommait l’événement festival. Dans ses feuilletons et Mémoires, Berlioz raconte ces journées « festivalesques » (le drôle de mot est de lui) qui se terminent bien souvent en banquets...

L’épopée festivalière a donc commencé il y a 170 ans, dans une histoire initiée avec Berlioz !

1979-1994 : Serge Baudo, enfance du Festival

La musique d’Hector Berlioz était déjà célébrée dans la région bien avant la création du Festival. En 1930, sous la Halle médiévale de la Côte-Saint-André, on joue la Damnation de Faust. Dans l’assistance, le Président Edouard Herriot, à l’époque Maire de Lyon, mais aussi le dramaturge et poète Paul Claudel... Dans les années 50, des concerts consacrés au grand compositeur romantique sont régulièrement donnés à la Côte-Saint-André.

Le Festival Berlioz naît à Lyon en 1979, sous l’égide de Serge Baudo, à l’époque chef et directeur musical de l’Orchestre national de Lyon. Longtemps chef permanent à l’Opéra de Paris et successivement à la direction des plus grands orchestres du monde, réputé pour son talent incomparable dans l’interprétation de la musique française, Serge Baudo donne un véritable élan à la connaissance de l’œuvre intégrale de Berlioz, surtout prisé à l’extérieur de son pays natal. Il réalise et dirige en 1987 une intégrale des Troyens qui marquera les mémoires et conduit cette aventure jusqu’en 1989.

Un nouveau projet de festival centré cette fois sur la ville natale du compositeur se profile.1994 voit la 1ère édition du Festival Berlioz à la Côte-Saint-André, organisé par l’Association du Festival Berlioz que préside alors le Sénateur Jean Boyer. A l’époque, les concerts du soir ont lieu sous la grande Halle médiévale au cœur de la ville.

Alain Picard assure la direction artistique de 1994 à 1996.

1997-2008 : Bernard Merlino, la maturité

Le mandat de Bernard Merlino est marqué par la 10ème édition du Festival, qui célèbre en 2003 le bicentenaire de la naissance d’Hector Berlioz.

A son initiative, le château Louis XI devient le haut lieu des concerts symphoniques du Festival et connaît une évolution technique exceptionnelle. En 2003, la Cour se dote d’un gradinage de 1500 places, et d’une scène (20m d’ouverture x 16m de profondeur) habillée d’une conque acoustique modulaire pouvant désormais accueillir des formations orchestrales de grande envergure. En 2005, une structure unique réalisée sur mesure, alliant les qualités acoustiques d’une grande salle de concert aux avantages du plein air, vient protéger spectateurs et musiciens en cas d’intempéries.

En 2004, l’organisation du Festival Berlioz est confiée à l’Agence iséroise de diffusion artistique (AIDA), Établissement public de coopération culturelle (EPCC) mis en place et subventionné par le Conseil Général de l’Isère, la commune de La Côte-Saint-André et la Communauté de communes du Pays de Bièvre-Liers.

De Mstislav Rostropovitch à Michel Plasson en passant par Emmanuel Krivine, le Festival Berlioz a accueilli pendant 12 ans de grands maestros de la musique classique.

2009-2012 : Bruno Messina ou le renouveau du Festival Berlioz

L’année 2009 marque un tournant dans l’histoire du Festival. Bruno Messina succède à Bernard Merlino à la direction artistique. Niçois d’origine et musicien de formation classique et jazz (CNSM de Paris), lauréat du Prix de la Villa Médicis hors-les-murs, il fut le directeur de la Maison de la Musique de Nanterre, scène conventionnée. Explorateur et voyageur musical, Bruno Messina mène aujourd’hui conjointement une activité d’enseignant-chercheur et de directeur artistique du Festival Berlioz.
Depuis l’édition 2009, il nourrit le festival de sa passion pour les musiques traditionnelles du monde entier, et de sa manière toute personnelle de créer des ponts entre musiques savantes et musiques populaires.
Une nouvelle dynamique est insufflée au Festival, qui s’inscrit dans une démarche créative ambitieuse et la volonté de donner une nouvelle vie dans notre siècle à l’œuvre de Berlioz.

Bruno Messina place chaque édition sous le signe d’un grand thème venu explorer une des multiples facettes du compositeur de génie.

L’édition 2009 célèbre Berlioz et ses compositions, ses inspirations, ses contemporains, sa postérité, ses écrits... Un hommage à Mendelssohn avec le violoniste Daniel Hope et le Kammerorchester Basel, la diva Véronique Gens aux côtés de l’Orchestre de Bretagne, un sublime Roméo & Juliette par l’Orchestra Sinfonica della RAI, une soirée Beethoven (« roi des rois » selon Berlioz !) proposée par le grand maître Emmanuel Krivine et La Chambre Philharmonique... et une production exceptionnelle avec François-Xavier Roth et Les Siècles, le grand chœur des Solistes de Lyon-Bernard Tétu et en récitant, le talentueux Charles Berling.

En 2010, « Berlioz et les romantiques » invitent la diva Nathalie Stutzmann pour une ouverture exceptionnelle avec le maestro Marc Minkowski et les Musiciens du Louvre-Grenoble, et retrouvent avec émotion Serge Baudo à la direction de l’Orchestre national de Lyon autour du grand succès L’Enfance du Christ. Sous la baguette experte de son chef Jacques Mercier, l’Orchestre national de Lorraine nous offre Envers Symphonie, une création mondiale du compositeur Philippe Leroux commandée par le Festival. Le Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz, créé par le Festival, clôt cette édition avec un merveilleux Te Deum.

L’édition 2011 « Berlioz, Liszt et le Diable », rend hommage à l’amitié de Berlioz et Liszt nouée autour de la figure de Faust de Goethe. Elle part à la rencontre des tumultes et passions d’Hector, avec un programme endiablé... Cette grande fête musicale fut enchantée par les ravissantes Nuits d’été de la cantatrice Anna-Caterina Antonacci sous la baguette du maestro Emmanuel Krivine, la version de la Fantastique pour piano sous les doigts de Roger Muraro en récital, ou encore la grandiose Dante Symphonie de Liszt avec l’orchestre Les Siècles de François-Xavier Roth et le Choeur Britten-Jeune choeur symphonique de Nicole Corti.

En 2012, le Festival Berlioz a pris l’accent italien. Cette édition consacrée à « Berlioz et l’Italie » fut aussi festive et colorée que ce "Carnaval romain" qui avait tant charmé Berlioz lorsqu’il vivait à Rome. L’ouverture fut marquée par un incroyable défilé de chars carnavalesques à travers le pays de Bièvre-Liers et un grand Banquet sarde. Le public fut conquis par la Fantastique sous la baguette du maestro Casadesus et son Orchestre national de Lille, le panache de l’Orchestre de la garde républicaine italienne ainsi que le grand Orchestre de la RAI, le virtuose Tedi Papavrami dans la Symphonie espagnole de Lalo, la magie des marionnettes siciliennes de Caligula par le Poème Harmonique, la fougue de Bruno Mantovani, chef et compositeur invité, les radieuses polyphonies d’ A Filetta, mais aussi les nombreux rendez-vous de musiques traditionnelles... En clôture, 436 musiciens sur scène ont su donner une puissance vertigineuse à l’inoubliable Requiem de Berlioz.

L’édition 2013 a célébré le XXe anniversaire du festival, dédié à Berlioz "L’homme orchestre". C’est à Bressieux, à quelques lieux de La Côte-Saint-André, qu’ont débuté les festivités. En plein air, dans les ruines d’un château, avec une impressionnante fonte de cloches à l’ancienne et une nuit fantastique au son du rigodon et autres musiques populaires. Du joyeux et audacieux opéra Béatrice et Bénédict aux grandes oeuvres symphoniques que sont la Symphonie fantastique et Harold en Italie, des mélodies superbes, parfois peu connues ou adaptées, au célébrissime cycle des Nuits d’été donné dans sa version originale à 3 voix, c’est la diversité de l’oeuvre du compositeur Berlioz que nous avons souhaité faire entendre.

Soucieux de rendre la musique classique populaire et appréciable par tous, Bruno Messina invente et multiplie les formes de concerts et de rendez-vous.
Il instaure le cycle de concerts « Sous le Balcon d’Hector », en fin d’après-midi dans les jardins du Musée Hector-Berlioz, la maison natale du compositeur à La Côte-Saint-André. Ces rendez-vous gratuits sont l’occasion pour les festivaliers de découvrir des artistes de grande qualité dans un cadre intimiste et familial.
Des séances de cinéma, des conférences et lectures, des « concerts en déambulation » et d’incroyables fanfares itinérantes (en 2011, la « Fanfare de la touffe » avait réuni 50 musiciens débutants de 8 à 88 ans dans les rues de La Côte-Saint-André !), mais aussi des expériences gastronomiques et musicales uniques, avec de grands banquets comme au temps de Berlioz (l’édition 2010 se souvient d’un extraordinaire banquet polyphonique dans la grande tradition géorgienne ; 2012 promet de nous régaler dans la tradition culinaire et musicale sarde !)... Autant d’événements qui invitent à la découverte et à la curiosité musicales, au grand rassemblement populaire et festif qu’imaginait Berlioz, dans la douce lumière des derniers jours d’août.

Depuis son arrivée, Bruno Messina œuvre à l’enrichissement du Festival en développant des collaborations artistiques audacieuses.
Main dans la main avec l’orchestre Les Siècles et son chef François-Xavier Roth, il créé en 2010 le Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz. Dans une approche pédagogique, cet ensemble composé pour moitié de musiciens des Siècles et d’élèves de conservatoires supérieurs de musique œuvre à la promotion des jeunes talents, qui se produisent chaque année lors d’une grande soirée du festival.
Depuis 2009, le Festival Berlioz est également partenaire du Palazzetto Bru Zane, Centre de Musique Romantique Française à Venise qui a pour vocation de favoriser la redécouverte du patrimoine musical français du XIXe siècle. L’occasion d’approfondir la connaissance de Berlioz, son œuvre et ses contemporains par le biais de programmes inédits, de publications littéraires et musicales, dont Les Mémoires en 2010, Les Grostesques en 2011, Les Soirées de l’orchestre en 2012, et en 2013 A travers chants.

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1995
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1997
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1999
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2001
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2003
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2005
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2008
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2009
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2010
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2011
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2012
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2013
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2014
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2015
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2016