L’ouverture des Francs-Juges, « mon premier grand morceau instrumental », rappelle Berlioz dans ses Mémoires devait à l’origine introduire un opéra resté inachevé, mais revint régulièrement dans les programmes de concert de Berlioz. De même, la Marche funèbre pour la dernière scène d’Hamlet, impressionnante par sa longue montée dramatique, a été composée pour une représentation de la pièce de Shakespeare et n’a finalement jamais été interprétée du vivant du compositeur.
Très répandue – et très attendue – dans la tragédie italienne et française du XIXe siècle, la « scène de la folie » est par convention un grand moment de bel canto, où la tension dramatique et la virtuosité vocale atteignent leur paroxysme – en témoignent la scène de Hamlet de Ambroise Thomas, à laquelle La Mort d’Ophélie de Berlioz fera écho, et celle de Lucie de Lammermoor de Donizetti, l’une des plus célèbres du genre.
Ensuite, on ne présente plus la Symphonie fantastique : on s’émerveille de la redécouvrir chaque année au Festival Berlioz, toujours géniale et toujours nouvelle. Créée en 1830 au Conservatoire de Paris, cette symphonie autobiographique est à la fois l’hommage immortel et l’éternelle damnation d’un esprit halluciné, romanesque et furibond, envers celle qui l’avait trahi, sa fameuse « idée fixe », la pianiste Camille Moke, même si Berlioz prétendra par la suite qu’il songeait en la composant à sa future épouse, l’actrice Harriet Smithson – découverte au théâtre incarnant Ophélie.
Et c’est le magnifique Orchestre Philharmonique de Radio-France dirigé par Louis Langrée, grand spécialiste de la musique française, qui fera revivre pour une soirée unique ces fameux « épisodes de la vie d’un artiste ».
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