Différents genres de danse s’épanouissent tout au long du XIXe siècle, collectives ou individuelles, liées au spectacle ou à ce qu’on appelle « danse de société » : la plus spectaculaire est sans doute le ballet, qu’il s’agisse d’un spectacle autonome, ou des divertissements chorégraphiques liés à l’opéra. Les techniques de la danse évoluent concernant les danseurs professionnels des corps de ballet ou les danseurs plus amateurs des bals et danses de société. La danse et le ballet sont aussi l’objet de nombreuses représentations, littéraires et picturales, et font également l’objet de critiques dans les journaux et revues de l’époque. La danse occupe même Gautier tout au long de sa vie.
L’œuvre de Berlioz, compositeur, chef d’orchestre et critique musical, croise à de nombreuses reprises l’art de la danse et du ballet. Des scènes de bal (Symphonie fantastique, Roméo et Juliette) et de danse parsèment ses œuvres (« Ballet des Sylphes », « Menuet des follets » dans La Damnation de Faust, Ballet des ombres, et jusqu’à la feuille d’album « Valse chantée par le vent dans les cheminées d’un de mes châteaux en Espagne »). Le ballet d’opéra l’occupa également : en vue des représentations du Freischütz à l’Académie royale de musique il orchestra l’Invitation à la Valse de Weber pour en faire une musique de ballet. Et bien sûr il écrivit la musique des trois ballets des Troyens à Carthage. Son œuvre de critique aborde la place des ballets dans l’opéra, même si l’art de la danse retient moins son attention que la partie musicale des opéras.
La littérature elle-même a fait une large place à la danse, qu’il s’agisse des bals mondains, des bals de l’Opéra, des bals parisiens (comme le célèbre Bal Mabille) ou des bals de barrière et de guinguette. De Balzac à Zola, le bal a fourni au roman quelques-unes de ses scènes les plus célèbres. La danse est présente dans ce nouveau genre théâtral qu’était la féérie, dans les récits de voyage en Orient ou les œuvres inspirées par l’Orient – du Roman de la momie de Gautier à la Salomé d’Oscar Wilde – qui évoquaient volontiers des danses raffinées et envoûtantes. Plus insolites, dans ce siècle qui est aussi celui de la science, des danses macabres aussi bien dans l’opéra que dans la littérature gardent encore un lien avec des croyances médiévales.
Sous la direction scientifique de Cécile Reynaud et Gisèle Séginger
En partenariat avec l’École Pratique des Hautes Etudes-PSL et l’université Gustave Eiffel





