Créée en 1846 à l’Opéra-Comique sous la direction du compositeur, La Damnation de Faust est une adaptation du premier Faust de Goethe, dont la traduction par Gérard de Nerval, parue en 1828, avait immédiatement inspiré à Berlioz Huit scènes de Faust largement réutilisées dans cette partition. Le livret, écrit par Berlioz en collaboration avec Almire Gandonnière, comporte quatre parties retraçant la trajectoire tragique d’un savant désabusé en quête de sens.
Les rôles principaux, Faust, Méphistophélès, Marguerite et Brander, sont confiés à des chanteurs, mais le chœur occupe une place centrale dans la narration de cette « légende dramatique » qui voit Méphistophélès entraîner
Faust dans une succession d’épisodes contrastés : beuverie d’étudiants, rencontre avec Marguerite et pacte fatal conduisant à la damnation du héros.
Illustrant la fascination des romantiques pour le mythe de Faust, Berlioz déploie magistralement son inépuisable imagination sonore à travers une orchestration inouïe, de vastes fresques chorales et nombre de pages aussi impressionnantes que célèbres, telles que la « Marche de Rakoczy », la « Ballade du roi de Thulé » et la « Course à l’abîme ». Pour rendre justice à un tel monument, rien mieux que de grands chanteurs et un orchestre passionné !










